Maurice Eglin, vice-président du Groupe
romand pour le matériel de défense et de sécurité
L’achat du
Gripen, c’est aussi un projet industriel et donc du travail pour notre
économie. C’est la garantie de compensations
équivalant à 10 ans de travail pour 1000 employés; c’est un important
transfert de savoir-faire technologique et ce sont des accès nouveaux au marché
international avec à la clé de possibles exportations. En résumé, le
remplacement des Tiger par l’acquisition d’un nouvel avion de combat tel le
Gripen, en plus de permettre à nos forces aériennes d’assurer leurs missions
dans la continuité, est aussi une opération rentable pour la Suisse, sur le
plan économique et industriel.
En effet,
lors d’affaires importantes, les fournisseurs étrangers doivent compenser le
prix d’achat en Suisse conformément aux principes du Conseil fédéral en matière
de politique d’armement. En l’état actuel, le volume total d’affaires
compensatoires pour le Gripen E est estimé à quelques 2,5milliards de francs.
Les entreprises suisses, à condition d’être compétitives, participent ainsi directement ou indirectement à l’acquisition.
De façon directe, elles peuvent fournir des composants pour l’avion de combat
ou des prestations préalables à la fabrication des composants, telles que par
exemple des machines de production. De manière indirecte, ce ne sont pas seulement
les entreprises productrices de matériel de défense qui sont appelées à
participer aux affaires compensatoires mais aussi d’autres nombreuses
entreprises, y compris les PME, qui peuvent réaliser des marchés en
compensation avec le constructeur de l’avion ou ses sous-traitants.
La société
Saab AB s’est engagée à compenser économiquement par un programme industriel
suisse les flux financiers la
concernant. Ainsi, par exemple, les entreprises pourront livrer des réservoirs
de carburant supplémentaires, des dispositifs de fixation de charges externes,
ainsi que des pièces de fuselage. Les premiers accords ont de même été passés
avec des fabricants de machines de précision.
Le
remplacement des Tiger est un projet incluant de multiples aspects dont celui
concernant les marchés compensatoires. Ils ont été part de l’évaluation globale
qui a mené au choix du Gripen. Ainsi les entreprises travaillant à
la livraison du Gripen ont dû prouver qu’elles s’engageraient et se sont
engagées à passer des affaires compensatoires avec des entreprises suisses performantes
à la hauteur de 2,5 milliards de francs, ce qui équivaut à 10'000 (FTE[1]) années/employé, ou 10 ans
de travail pour 1000 employés. Et ce sont explicitement les entreprises de
toutes les parties du pays qui profiteront
de cette manne, 30% revenant à la Suisse romande et 5% au Tessin. Un OUI au
Gripen est donc aussi un OUI à des commandes et à des places de travail en
Suisse.
En plus de
maintenir des postes de travail en Suisse, ces commandes permettent à des
entreprises compétitives d’une part d’accéder à des technologies de pointe
et d’acquérir de nouvelles
compétences industrielles
high-tech, d’autre part d’accéder à de nouveaux marchés internationaux, et de prétendre ainsi à de nouvelles
exportations.
Il faut
souligner que ces affaires ne sont en aucune manière subventionnées par la
Confédération. C’est auprès de l’équipe industrielle du Gripen et des
représentants des associations de l’industrie Swissmem et GRPM (Groupe romand
pour le matériel de défense et de sécurité) que peuvent être obtenues toutes
les informations relatives aux « affaires compensatoires ». La
participation est exécutée par l’équipe industrielle du Gripen, composée en
particulier de représentants des entreprises Saab, General Electric, Selex et
Honeywell Collins.
Saab et l’industrie suisse ont examiné et
examinent toutes les possibilités de
participation directe et indirecte. Pendant l’évaluation, de 2004 à 2009, des
affaires de participation indirecte pouvant être prises en compte ont déjà été
conclues à hauteur d’environ 200 millions de francs. Dans son message aux
Chambres, le Conseil fédéral précise qu’en juin 2012, une convention exigeant
de Saab la réalisation d’affaires pour au moins 100 millions de francs
supplémentaires jusqu’à la signature du contrat a été conclue. Le solde des
affaires de participation directe et indirecte de l’industrie suisse devra être
négocié après la signature du contrat, comme cela est usuel. Les affaires
s’étendront sur une période d’environ 10 ans.
La détermination et
la surveillance des engagements de compensation sont assurées par armasuisse en collaboration avec
le bureau des affaires compensatoires, à Berne, dont le personnel se compose de
représentants de Swissmem et du GRPM.
Le travail de Saab est fait avec conscience et
sérieux et en tenant compte du tissu industriel et économique de nos régions.
Saab a ainsi approché de très nombreuses entreprises, grandes ou petites, dans
toutes les régions du pays. Des invitations ont par exemple été lancées dans
les cantons à participer à des réunions d’information. Toutes les entreprises
industrielles ont leur chance et nous encourageons chacune à s’intéresser au
marché suscité par l’achat des Gripen.
Car s’il faut des avions, et adéquats, pour
garantir à nos forces aériennes de pouvoir assurer leurs missions, il faut
aussi des compétences technologiques et industrielles en Suisse pour garantir
la consistance d’une solution soigneusement évaluée. Le Gripen n’est pas
seulement un avion, c'est un système, complexe. Pouvoir assurer la maintenance
des jets et participer à leur élaboration, acquérir et maintenir le
savoir-faire nécessaire dans les domaines de pointes concernés est une partie
intégrante du projet. Les participations industrielles directes, mais aussi
indirectes en sont le garant.
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