Le 18 mai 2014Oui à la loi sur le fonds Gripen!

Freitag, 28. Februar 2014

La sécurité d'abord!



Jakob Büchler, conseiller national PDC/SG ; membre de la CPS ; président de l'Association pour une Suisse en sécurité

Notre comité interpartis ouvre aujourd'hui une campagne de votation qui concerne la sécurité de notre pays et la protection de sa population durant les 30 années à venir. 
 
Nous ne savons pas comment évoluera la situation mondiale, quels conflits grands ou petits éclateront ces prochaines années près ou loin de la Suisse et lesquels d'entre eux toucheront directement notre pays. 
 
Mais nous savons que d'ores et déjà un "combat" est engagé au niveau mondial pour l'eau, les matières premières, l'énergie, les denrées alimentaires, les places de travail, les données et, finalement, le sol. Ces conflits peuvent également nous concerner, car nous sommes un pays hautement développé, moderne et fortement peuplé, donc très vulnérable. 
 
Réunissant de nombreuses organisations de politique de sécurité avec plus de 400 000 membres, l'Association pour une Suisse en sécurité, que j'ai l'honneur de présider, s'engage donc fermement pour la sécurité de notre pays, donc pour une armée crédible. Il est important que notre pays, sa population, nos enfants et petits-enfants soient protégés aujourd'hui et demain contre des menaces petites ou grandes. 
 
Notre prospérité repose sur la paix, la stabilité et la sécurité. Nous étions en sécurité jusqu'ici face aux conflits, quelque soit l'endroit où ils se produisaient. Nous voulons que cela reste ainsi durant les 30 années à venir. Représentant le comité interpartis "Oui au Gripen", nous vous présentons donc aujourd'hui nos arguments, nous vous disons pourquoi nous voulons réparer le "toit troué" au-dessus de notre pays, nous engager pour l'armée et acheter de nouveaux avions. 
 
Pour nous, il s'agit de la sécurité de notre pays durant les décennies à venir. Et pour nous, la sécurité est toujours la priorité! Car la sécurité garantit la paix, la liberté et la prospérité.

Pour la sécurité de la Suisse


Alex Kuprecht, conseiller aux Etats, UDC/SZ, président de la CPS
 
"La Confédération suisse protège la liberté et les droits du peuple et elle assure l'indépendance et la sécurité du pays": c'est ainsi qu'est libellé l'article 2 alinéa 1 de la Constitution fédérale suisse. Il s'agit là de la principale tâche que le peuple et les cantons ont confiée à la Confédération. En d'autres termes, la "liberté", la "démocratie" et la "sécurité" sont les piliers du modèle à succès suisse. C'est sur ces piliers que les Suisses ont su, au fil de leur histoire, conserver la "paix" et créer la "prospérité". La "neutralité" et l'"indépendance" jouent elles aussi un rôle central dans ce développement. Le souverain helvétique l'a confirmé une fois de plus de manière impressionnante par son vote du 9 février dernier. 
 
En tant qu'Etat souverain et indépendant, nous avons donc la tâche prioritaire de veiller à ce que la "sécurité" et la "paix" perdurent en Suisse. Les menaces ont certes évolué au fil des décennies écoulées, mais la "grande paix mondiale" n'est toujours pas établie. Bien au contraire, les nombreux conflits, qui sévissent à quelques heures d'avion de la Suisse, peuvent fort bien se répercuter aussi sur notre pays. Il serait donc fatal de renoncer aujourd'hui aux investissements nécessaires et de négliger la sécurité en se fondant sur de vagues espoirs. 
 
Nous ne savons pas ce qui se passera demain, après-demain ou dans 30 ans. Il convient donc de prendre les précautions nécessaires afin que la Suisse, les cantons et tous les organes de sécurité puissent réagir de manière adéquate, dans les délais utiles et conformément à la hiérarchie établie aux menaces possibles et probables venant d'Etats, d'organisations ou de personnes individuelles. Il faut aussi songer à ce qui paraît impossible aujourd'hui. Qui, par exemple, aurait pu penser avant les événements du 9/11 que des avions de passagers puissent être utilisés pour attaquer des êtres humains, des immeubles et des institutions? Aujourd'hui, nous sommes contraints de considérer pareils scénarios comme possibles et réalistes. 
 
En septembre dernier, le peuple suisse a voté avec une majorité de 73,2% en faveur du maintien du service militaire obligatoire. Ce scrutin était un engagement en faveur de la sécurité du pays et la protection de sa population. Les citoyennes et citoyens suisses savent fort bien qu'une armée indépendante – et les forces aériennes en font partie – est un instrument indispensable au maintien de la "paix", de la "liberté", de la "sécurité" et de l''indépendance". 
 
La sécurité de la Suisse a donc besoin d'une armée crédible et de forces aériennes modernes. Ce sont là des éléments essentiels du dispositif de sécurité suisse. L'armée de l'air assume de surcroît des missions policières en faveur de l'aviation civile. Cette tâche est indépendante d'une éventuelle menace.
 
Le Conseil fédéral et le Parlement fédéral sont d'avis que la sécurité de la Suisse comportera une importante lacune si nous ne remplaçons pas par des avions de combat polyvalents les 54 vieux F5 Tiger qui auront bientôt 40 ans. Ces engins ne peuvent plus assumer leur mission de sécurité de nuit ou par des mauvaises conditions de visibilité. L'acquisition d'avions de combat modernes est donc une priorité pour la sécurité nationale. De concert avec les 32 F/A-18, dont le peuple a approuvé l'achat en 1993, les 22 Gripen E assureront durant les 30 ans à venir la sécurité de notre espace aérien par des interventions policières ou en cas de confit. Nous réduisons donc nos forces aériennes, mais nous en accroissons la puissance d'intervention de nuit et dans des mauvaises conditions de visibilité grâce à des avions modernes et performants. 
 
Elément central du mandat constitutionnel donné à l'Etat, cette tâche doit être assumée par la Suisse et par elle seule. Pour des raisons de politique de neutralité et aussi de souveraineté nationale, il est inconcevable que notre pays se contente de confier sa protection à un pacte militaire comme par exemple l'OTAN. Il ne faut pas se leurrer: devant la menace d'un conflit réel, une telle organisation engagerait ses forces avant tout en faveur de ses membres et certainement pas pour défendre la Suisse. Cela n'exclut pas une collaboration pour des missions de police aérienne et pour d'autres opérations transfrontalières. Des accords internationaux dans ce sens existent déjà.
 
La lacune provoquée dans le dispositif de sécurité par la mise hors service de 54 avions Tiger arrivant au terme de leur durée de vie doit être comblée par l'acquisition de 22 Gripen. Il faut éviter un vide au-dessus de la Suisse, faute de quoi nous mettons en jeu la sécurité de notre pays. Ce serait une attitude irresponsable. C'est donc par conviction que je voterai le 18 mai 2014 pour le remplacement de la flotte de Tiger, donc pour la loi sur le fonds d'acquisition des avions Gripen. Cet investissement dans la sécurité de notre pays paraît financièrement supportable quand on sait que la Suisse dépense chaque année quelque 3 milliards de francs pour l'aide internationale au développement.

Pas de sécurité sans armée crédible



Ida Glanzmann, conseillère nationale PDC/LU, membre de la CPS
 
"La Confédération et les cantons pourvoient à la sécurité du pays et à la protection de la population dans les limites de leurs compétences respectives", lit-on dans la Constitution fédérale suisse (art. 57 cst.). Alors que les cantons veillent à la sécurité dans la vie quotidienne, la Confédération dispose de l'instrument de l'armée pour empêcher la guerre, maintenir la paix et assurer la défense nationale. A la demande des cantons, l'armée peut également soutenir ces derniers lorsqu'ils doivent faire face à une grave menace ou à d'autres situations extraordinaires (art. 58 cst.). La Confédération et les cantons se partagent donc le mandat de veiller à la sécurité de notre pays et de sa population. 
 
Alors que les corps de police cantonaux et municipaux compétents ont la charge de la sécurité des gens dans la vie quotidienne et "au sol", les forces aériennes, en tant que partie de l'armée, assurent le contrôle et la protection de notre espace aérien. Elles offrent ainsi un service de police à l'aviation civile et garantissent en cas de crise un "toit solide" au-dessus de nos têtes. 
 
L'organisation, la formation et l'équipement de l'armée sont l'affaire de la Confédération. Cette dernière doit donc organiser, former et équiper son armée, ses troupes et ses formations en fonction des besoins et des menaces définies par la politique de sécurité. Elle considère toujours à cet effet l'armée comme un système global. 
 
Pour remplir sa mission, l'armée a besoin de troupes possédant des équipements modernes et efficaces et formées à s'en servir. Nous le devons aux membres de notre armée qui effectuent leur service militaire obligatoire. Mais nous le devons aussi au peuple qui veut une Suisse sûre et une armée crédible. Malgré la réduction de ses effectifs, l'armée continuera donc d'acheter dans les années à venir des armements pour moderniser son équipement et combler les lacunes de celui-ci. Face aux menaces envisageables et aux efforts d'armement dans le monde, il ne s'agit pas là d'un souhait, mais bien d'une obligation! Cette votation porte sur l'acquisition de nouveaux avions de combat. La protection de notre pays doit toujours être au cœur de ce débat.
 
Nous nous engageons pour une armée à la hauteur des menaces actuelles, donc disposant des moyens d'y répondre. L'armée doit être formée et équipée dans ce but. L'acquisition de 22 avions Gripen E est un élément de ce concept. Elle est la réponse logique aux déficiences de sécurité existantes et s'aggravant, par ex. l'inaptitude des F-5 Tiger au vol de nuit et dans des conditions météorologiques difficiles et les problèmes d'endurance des forces aériennes. Pour assurer la livraison des nouveaux avions polyvalents à partir de 2018, il faut agir dès à présent et dire oui au projet de loi afin que la Suisse puisse commander ces éléments indispensables à sa politique de sécurité.
 
Je veux une armée crédible et capable d'assumer sa mission de veiller à la sécurité de notre pays. Voilà pourquoi je m'engage pour l'acquisition de 22 avions Gripen E et que je recommande de voter oui le 18 mai à la loi sur le fonds Gripen.